La cataracte

La cataracte est une maladie de l’oeil du chien (et plus rarement du chat). Le cristallin, qui est une sorte de lentille permettant la mise au point de l’image au niveau de la rétine, subit alors des modifications. Cette affection des une des principales causes de la perte de vision chez les animaux et chez l’homme.

Physiopathologie La transparence est conditionnée par plusieurs facteurs, comme ne densité cytoplasmique faible, une faible population cellulaire, un arrangement des protéines et un état d’hydratation strictement réglés. Toute perturbation de cet équilibre complexe peut entrainer la caractogenèse. Des phénomènes oxydatifs aggravent le processus et entretiennent un cercle vicieux. Il s’ensuit l’affinement des capsules, des ruptures et une infiltration inflammatoire. L’épithélium antérieur subit une dégénérescence hydropique et certaines cellules se transforment en myofibroblastes. Des vacuoles remplies de matériel éosinophilique traduisent la destruction des protéines cristalliniennes. L’hyper maturité se caractérise par l’augmentation des phénomènes d’hydrolyse, l’épaississement et le racornissemen des capsules, et la formation de plaque fibreuses sous-capsulaires accompagnées de dystrophie calcique. Ces phénomènes dégénératifs se traduisent par une perte de transparence.

Etiologies :
Cataracte congénitale : Elles se développent suite à une anomalie pendant l’organogenèse cristallinienne. Elles touchent en général les zones corticales ou sous-capsulaires polaires et se situe dans l’axe visuel.
Le cristallin est formé à partir de la vésicule cristallinienne qui dérive de l’ectoderme de surface s’individualisant vers le 17è jour de vie embryonnaire chez le chien. Cette structure joue ensuite le rôle de chef d’orchestre dans la formation de l’œil. Les cataractes congénitales s’accompagnent souvent d’autres anomalies oculaires. Elles sont souvent accompagnes de colobomes, des lenticônes, des persistances hyperplasiques de la tunique vasculaire de la lentille ou du vitré primitif, à une microphtalmie ou une microphakie. Elle peuvent avoir une origine génétique (Schnauzer nain, Boston terrier, etc.)

Cataracte héréditaire: Elles se développent chez des animaux jeunes à adultes et de races pures. Les deux yeux sont le plus souvent atteints, parfois avec un décalage dans le temps. 145 races ont été reconnues prédisposées aux cataractes héréditaires : la plupart des terriers, les caniches, le cocker américain, le schnauzer nain, etc.
La plupart des formes se présentent comme des atteintes du cortex périphérique et se généralisent sur plusieurs mois. Certaines, comme les cataractes capsulaires postérieures rencontrées chez les Golden retrievers, sont peu gênantes et peu évolutives. Ces formes représentent la première cause de cataracte rencontrée chez le chien.
Cataracte métabolique : C’est la deuxième cause rencontrée chez le chien, surtout en association d’un diabète sucré. Une déviation métabolique entraine une accumulation de sorbitol au sein du cristalline et une hyper hydratation par osmose. 75 à 80% des chiens diabétiques présentent cette complication un an après le diagnostic et, à terme, tous les malades sont atteints. La chirurgie peut être compliquée ou contre indiquée par la rupture de la capsule.
Les autres anomalies métaboliques sont l’hypocalcémie et l’hypercuprémie (Bedlington terrier).

Cataracte inflammatoire : Elles sont plus fréquentes chez le chat ou le cheval. L’environnement inflammatoire contigu au cristallin entraine une souffrance et une désorganisation progressive avec caractogenèse. Les uvéites sont souvent dues à une cause générale sous-jacente.
Il faut distinguer les cataractes secondaires à une uvéite (dont la cause doit être identifiée) et les uvéites secondaires à la cataracte (phaco-induites et phacoclastiques). L’antériorité de signes d’uvéite permet d’orienter le diagnostic.

Cataractes secondaires à un glaucome, à une luxation du cristallin ou à un trauma : Elles sont souvent de diagnostic aisé, compte tenu des commémoratifs et des symptômes univoques. Leur évolution est liée au phénomène oculaire et aux perturbations inflammatoires qu’elles entrainent dans le voisinage du cristallin. La cataracte doit être alors gérée dans le cadre de ce phénomène oculaire.

Cataracte secondaire à une atrophie rétinienne progressive : Les dégénérescences rétiniennes sont d’origine génétique (plus de cent races). Les dégénérescences précoces évoluent dès les premiers mois de la vie : Colley, schnauzer miniature ou Welsh corgi. Les formes plus tardives concernent les caniches toy et miniature, le cocker américain, le terrier tibétain, l’épagneul papillon ou le Sibérian husky. Le mode de transmission est le plus souvent autosomal récessif, mais peut être aussi dominant chez certaines races (Mastiff) avec des pénétrances varaibles ou liées aux chromosomes sexuels.
Des cataractes secondaires sont associées au développement de ces affections. La physiopathologie de ces cataractes est attribuée au relargage dans le vitré de substances toxiques issues de la dégénérescence des photorécepteurs. En général la vision disparaît avant la maturation de la cataracte.

Cataracte sénile : Au-delà de six ans dans les grandes races et dix ans dans les petites races, et en l’absence de commémoratif de trauma. Elles évoluent lentement. L’accumulation de phénomènes oxydatifs pourrait en être la cause. Elles sont difficiles distinguer de cataractes génétiques à expression tardive.

Votre vétérinaire est à même de diagnostiquer une éventuelle cataracte et d’en définir la gravité. Selon le degré d’évolution de la cataracte et l’atteinte globale de l’œil, des traitements médicaux ou chirurgicaux pourront vous être proposés. La cataracte n’est pas nécessairement une fatalité et dans certains cas, le traitement permet à l’animal de recouvrer la vue.

Sélection des candidats au traitement chirurgical de la cataracte :
La chirurgie de la cataracte est un acte délicat de la pratique vétérinaire spécialisée. Contrairement à l’œil humain ou celui du chat, celui du chien est très sensible à l’inflammation. La sélection des candidats doit être particulièrement rigoureuse et nécessite un investissement important en temps, manipulations, ressources financières.
La sélection repose sur un bilan médical et paramédical approfondi. Les risques principalement dus à l’uvéite phaco induite (70-75% des cas) incluent les glaucomes secondaires, les luxations cristalliniennes, les décollements rétiniens, la dégénérescence du globe et les phénomènes douloureux. Tous ces risques sont à exposer aux propriétaires afin qu’ils prennent une décision en connaissance de cause. Ceci étant, les traitements chirurgicaux actuels offrent une réussite de 90-95%

About Jean-Claude Jestin

CES Traumatologie ostéo-articulaire et orthopédie animales, 1ère partie CES hématologie-biochimie CES nutrition clinique animale

2 Comments

  1. oturbon

    Bonjour pourriez vous me renseigner sur la cataracte congenitale et juvenile .A savoir si cette maladie est heriditaire et peux apparaitre a quelle age ?..Je sais qu il y a comme traitement l operation chirurgicale .Y a t il beaucoup de reussite? et dautres renseignement je vous remercie a l’avance

    1. Jean-Claude Jestin

      la cataracte congénitale est présente à la naissance, la juvénile apparaît dans le jeune âge
      elles sont souvent associées à d’autres anomalies, en particulier au niveau de la rétine
      Pour savoir si c’est opérable il convient tout d’abord de faire pratiquer un examen (processus inflammatoire?) suivi d’une électro-rétinographie par un vétérinaire spécialiste.
      Taux de réussite environ 90%

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Current day month ye@r *