Les problèmes comportementaux liés à la séparation chez le chien regroupent différents troubles pouvant survenir en l’absence du propriétaire.
Ils peuvent avoir pour origine la peur, l’anxiété, l’hyperattachement, l’agitation dues à des stimulations extérieures ou le déficit de stimulations adaptées.
Cette anxiété peut être due à la souffrance liée à la séparation ou bien au souvenir d’une mauvaise expérience dans un contexte de solitude, par exemple un orage ou la réclusion dans un refuge, la séparation précoce d’avec la mère, une maladie.
Rien ne permet d’avancer aujourd’hui que le fait de trop couver un chien soit à l’origine de l’anxiété de séparation.
Destructions, vocalises et éliminations sont les signes habituels, mais certains peuvent présenter de la salivation, de l’anorexie, des troubles digestifs, de la dépression ou un comportement de fugue.

20 à 40% des cas référé pour trouble comportemental, augmentant avec l’âge. Ce sont plus souvent des adoptés de refuge, mais on ne sait pas si l’abandon est dû justement à leurs comportements d’anxiété de séparation.
Le problème est-il apparu chez un chiot ou plus tard suite à des modifications dans le foyer ? Après une période de proximité intense ?
Une apparition précoce peut signer une hyperactivité, une apparition tardive des problèmes pathologiques ou liés au vieillissement.
Les réactions surviennent quand :

  • le propriétaire est à la maison
  • Le propriétaire est sur le point de partir
  • Après le départ du propriétaire

Commémoratifs
Les signes d’élimination, de vocalisation, de destructions doivent etre mis en evidence.
Quels comportements ont lieu en l’absence du propriétaire et à quelles fréquences ?

Quelles sont les habitudes d’élimination et d’alimentation, les moments d’éducation et de jeu, et le temps pendant lequel il est laissé seul ?
Y a-t-il un accès à l’extérieur, un manque d’activité physique qui peut expliquer un comportement de destruction ou de malpropreté ? Y a-t-il un hyperattachement au propriétaire ?

La plupart des réactions commencent au moment du départ du propriétaire. Certains chiens sont perturbés à chaque départ, d’autres à certains départs (autres que le travail).

Quel est le comportement « en l’absence du propriétaire » ?
Les signes courants sont : destruction, malpropreté, vocalises, activité motrice (marche en cercle, tremblements , mouvements spastiques), signes digestifs et automutilation Les comportements destructeurs visent souvent les huisseries, La motivation sous-jacente reste floue.
L’élimination est courante, même si le propriétaire a pris la précaution de le sortir avant.
Beaucoup de chiens ont un comportement d’accueil excessif au retour du maître.

Outils diagnostiques
L’enregistrement vidéo peut être utile.
Pour l’anxiété de séparation, le comportement anormal survient 5 à 30mn après le départ.
Les réactions de peur en l’absence du propriétaire peuvent présenter un profil d’expression plus variable.
Les troubles médicaux sous-jacents chroniques peuvent aggraver ou faire le terrain de l’anxiété, ne serait-ce qu’en modifiant les rapports avec le propriétaire (aversion ou dépendance). Les troubles métaboliques peuvent entrainer des dysfonctionnements cognitifs ou mentaux : malpropreté, modification des cycles, perturbation des interactions sociales, confusion, désorientation.

Diagnostic différentiel :
La destruction peut s’observer même en présence du propriétaire, chez un jeune en manque d’exercice, lors de manifestations territoriales, d’épisodes phobiques liés à des bruits ou du confinement, ou des affections dentaires.
Vocalisation : Les vocalises aiguës sont associées à de la détresse et sont bien différentes de celles liées à la défense du territoire.
Une malpropreté peut être la cause de troubles génito-urinaires.

TRAITEMENT

Prise en charge immédiate :
Il faut :

  • augmenter le temps consacré au jeu et à l’exercice.
  • Brouiller ou supprimer les signaux de départ.
  • Habituer progressivement et avec prudence le chien à un espace confiné (caisse, cage, petite pièce).
  • Un objet ou vêtement est inutile chez les sujets très perturbés.
  • Les punitions sont contre-indiquées.

Traitement à long terme
Il est utile de tenir un journal pour repérer tout changement et adapter le traitement ou la stratégie.

Modification de la relation animal – propriétaire :

  • Il est nécessaire d’instaurer une relation d’obéissance basée sur le principe « on n’a rien sans rien ! », que ce soit caresse, récompense, nourriture. Ignorer les comportements destinés à attirer l’attention. Ne lui accorder de l’attention que s’il est calme a fortiori dans les rituels de départ de d’accueil.
  • C’est le propriétaire qui initie les interactions et leurs fins.
  • Apprendre au chien à rester couché à distance et lui imposer des moments de séparation lorsque tout le monde est dans la maison.
  • Des endroits et des moments pour le jeu et d’interactions sociales sont nécessaires pour une bonne relation et pour calmer un chien anxieux.

Diminution de la valeur prédictive des signaux annonciateurs du départ.
Une présentation rare et aléatoire des signaux de départ, 3 fois par jour maximum, uniquement si le chien peut se calmer entre deux, sinon ne pas insister.

Contre conditionnement<
: Avant le départ on donne au chien un jouet contenant de la nourriture, ou l’inviter à se réfugier dans un coin douillet.

Planification progressive des départs
: contrôle des temps d’absence augmentés de 5 mn, les premiers départs étant très courts, puis alternés longs-courts. Le maître place son chien dans son coin de relaxation avant de partir, il laisse un signe (allumer la télé,…) ou un facteur sécurisant (jouet, nourriture).

Supports pharmacologiques :
Les phéromones en diffuseurs sont un complément intéressant pour aider à réduire l’anxiété associée au départ du propriétaire. Très peu de médicaments sont utilisables, mais si votre vétérinaire conseille d’y recourir, il faut garder à l’esprit qu’il ne se substitue pas au traitement comportemental, incontournable, et que plusieurs mois de traitement continu seront nécessaires.

Conclusion Soigner une anxiété de séparation, c’est aussi et surtout reconsidérer et améliorer la relation de l’animal à son propriétaire.

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